Centre International d’Amitié Franco Brésilienne

5 juin 2008

Les Amis du Brésil

Classé dans : Non classé — admin @ 14:32

La polémique flambe sur l’Amazonie

Le bassin de l’Amazone est le plus grand fleuve du monde. Mesurant plus de 7.000 kilomètres, il s’étend sur environ 7 millions de km² et est réparti sur 7 pays du Nord de l’Amérique du Sud. Le fleuve donne son nom à l’Amazonie, cette région mythique qui abrite la plus vaste forêt tropicale de la planète, appelée « le poumon du monde ».

La majorité de ce territoire occupe 9 États du Nord du Brésil, y compris les plus étendus du pays. Le gouvernement a délimité ce territoire, appelé « l’Amazonie légale », dans des intérêts fiscaux. Sa superficie s’étend sur plus de 5,2 millions de km², correspondant à 61% du territoire brésilien.

L‘occupation de l’Amazonie par les Portugais a commencé au XVI siècle, mais c’est seulement au XIX siècle que les frontières sont délimitées par l’Empire du Brésil et que la région commence vraiment à se développer.

La force de la nature se déploie dans toute sa grandeur au sein de ce géant vert. Une grande partie de la route transamazonienne, construite il y a quarante ans, a disparu quelques années plus tard, engloutie par la forêt.

Durant les dernières décennies, l’occupation de l’Amazonie s’est malgré tout maintenue. Elle a été menée par des pionniers en quête de meilleures conditions de vie. Ils sont devenus, eux aussi, des prédateurs, pour chercher de l’or dans les fleuves, pour scier les arbres et vendre le bois. Mais l’Amazonie, n’est pas si facile à exploiter, malgré ce qu’on peut croire.

Haro sur la « dévastation »

Maintenant on crie au désastre. Un rapport publié par le Ministre de l’Environnement a dénoncé la « dévastation » de l’Amazonie par des agriculteurs et des éleveurs. La principale association de ces derniers, nie la relation de cause à effet, et montre que 76% de l’Amazonie appartient au pouvoir public. Il relève donc de la responsabilité du gouvernement fédéral de préserver ses terres.

D‘un autre côté, le gouvernement du Mato Grosso, l’un des trois États les plus concernés, conteste les données de l’Institut National de Recherches Spatiales (INPE) utilisées par le Ministre de l’Environnement.

Un rapport élaboré par le secrétaire du Ministère de l’Environnement de l’Etat de Mato Grosso démontre que 80,53 % des données fournies par l’INPE ne correspondent pas à une déforestation récente. Finalement, l’INPE, lui-même a reconnu l’erreur, et a corrigé ses chiffres passant d’une déforestation de 723 km² à 243 km². Ces données irréelles sur la déforestation dans le Mato Grosso auraient été créées dans un intérêt purement budgétaire par le Ministère de l’Environnement.

Guerre déclarée à la déforestation illégale

Mais la polémique ne s’arrête pas là. Le 17 mars, l’Organisation Non Gouvernementale (ONG), Greenpeace, a annoncé l’interception par ses activistes, l’entrée du port de Caen-Ouistreham, d’un bateau chargé de bois venu du Brésil. Selon cette ONG, connue pour ses actions publicitaires musclées, la cargaison de bois du bateau « Galina 3 » était illégale.

En revanche, l’association « Le Commerce du Bois » a livré un communiqué en ces termes: « Pour la seconde fois en 10 jours, l’ONG Greenpeace a bloqué un navire transportant du bois tropical au Port de Caen-Ouistreham. Elle veut ainsi faire pression sur les négociations en cours aux niveaux français et européens, pour le contrôle des importations de bois sur le marché. Les signataires refusent cet état de fait contraire aux règles de droit et à leur volonté de dialogue, sur un sujet aussi sensible que la gestion durable des forêts tropicales. »

L‘association assure que sur le navire bloqué par Greenpeace « se trouvent des marchandises accompagnées de documents officiels délivrés par l’Ibama [Institut brésilien de l'environnement] et qui relèvent donc de la souveraineté du Brésil. Les signataires ne comprennent pas que l’on puisse arraisonner un navire dans ces conditions : le blocage de ces marchandises est illégal. »

Quoiqu’il en soit, le gouvernement brésilien a annoncé quelques jours après le déclenchement d’une opération contre la déforestation illégale en Amazonie, une mesure réclamée par tous. Ceci à cause des abus commis par des « mafias » internationales de commerçants de bois. La police fédérale du Brésil dans les États de Pará et Amazonas ont mené des opérations et ont déniché des tonnes de bois cachées sous terre . Ainsi, plus de 14000 m² de bois ont été saisis.

La souveraineté en question

Il existe énormément d’organisations de mouvements indigénistes, écologistes et « verts », la plupart sont venues de l’étranger, et se sont installées dans l’Amazonie. Selon Lorenzo Carrasco Bazúa, journaliste Mexicain établi dans la région, ce mouvement représente actuellement la plus grande menace à la souveraineté du Brésil. Effectivement, bon nombre de ces mouvements prônent l’internationalisation de l’Amazonie.

« Les principales ONG sont financées par des entreprises du Canada, Royaume Uni, Pays-Bas » et par des organisations comme la Fondation Ford et le Conseil Mondial des Eglises. « Nous vivons une guerre de quatrième génération, où l’État national se voit confronté à des organisations non gouvernementales financées par des pays étrangers », ajoute M. Barzua. « Au Brésil, cette guerre provoque le retard de plus de 400 chantiers d’infrastructures ».

D‘après le Sénateur Mozarildo Cavalcanti, de l’État de Roraima, l’internationalisation de l’Amazonie n’est plus une menace ; elle est une réalité, car « les gouvernements brésiliens successifs ont plié à la pression internationale exercée notamment par les ONG », a-t-il déclaré dans un séminaire sur le thème à Rio de Janeiro.

Le Sénateur s’insurge contre la politique indigéniste. Les indiens représentent seulement 0,2% de la population brésilienne, mais 46 % de l’État de Roraima (plus de 225000 km²) sont reconnus comme réserve. « Par coïncidence, les réserves indigènes sont situées dans des lieux où existent des gisements d’or, d’urane et de diamants, parmi d’autres minéraux », conclut-t-il.

Il est évident que l’Amazonie contribue énormément à l’équilibre climatique de la planète, mais elle cache beaucoup de richesses qui attirent l’appétit de bien d’autres intérêts.

Récolte record au Brésil

L‘Institut Brésilien de Géographie et Statistique (IBGE) et la Compagnie Nationale de Ravitaillement (CONAB) annoncent une récolte record de grains ( de blé ), estimée à 139, voire 140 millions de tonnes pour l’année 2007/2008. Ce volume représente une croissance de plus de 5% par rapport à la récolte de 2006/2007, selon les prévisions des deux organismes.

L‘État de Sao Paulo est toujours en tête de la production agricole du Brésil, suivi de Minas Gerais (Sud Est) et, Parana (Sud). Mais au cours de ces dernières années, la croissance s’est révélée beaucoup plus abondante dans la nouvelle frontière agricole des États du Centre Ouest du Pays, notamment dans le vaste territoire du Mato Grosso (903.357 km2).

La croissance de l’économie rurale a eu comme conséquence une hausse du marché des véhicules lourds (machines agricoles, camions). En effet, cette année, dans l’État du Parana, le volume des ventes de ce type de véhicule a augmenté de 32,35 %.

Ce résultat montre que la classe agricole du Brésil continue à accomplir sa mission. En France, les subventions de l’État représentent 70 % des revenus de l’agriculture (10 milliards d’euros).

Au Brésil, ce métier dépend entièrement de l’initiative privée, qui doit affronter en plus des obstacles d’ordre structurels, économiques et sociaux, comme les mauvaises routes, les difficultés de financement, la politique des prix, l’invasion des terres par le mouvement des « sans-terre », ainsi que les charges fiscales.

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